Photo: GoffeStruiksma

Dehors, il fait de plus en plus froid. Alors, je me décide à mettre de l’ordre dans ma garde-robe. Une ferrée de mode comme moi ne devrait avoir aucun souci avec cela, mais je ne suis qu’un être humain. Il n’a pas fallu plus d’une demi-heure pour que ma chambre généralement si bien rangée se transforme en champ de bataille.

Il est temps de faire l’inventaire. Ce petit top est bien mignon, mais il ne correspond plus à mon style. Ces bottes sont toujours aussi belles, mais je n’aurais pas dû les acheter trop petites. Et ce splendide sac alors ? J’en étais dingue… Et pourtant cela fait trois ans qu’il n’est plus ressorti de l’armoire. En un rien de temps, les vêtements que je ne porte plus s’empilent… Trop beaux pour aller à la poubelle, peut-être que je pourrais les recycler ? Allez c’est décidé, je vais moi aussi suivre les conseils de mes amies et collègues, et tenter ma chance sur le marché du « vintage », très populaire en ce moment.

Le shopping vintage est bien plus que le nouveau terme à la mode pour désigner le marché de seconde main de fringues et d’accessoires. C’est vraiment la tendance du moment. En fouinant, on peut dénicher de super objets au design rétro et les mauvais achats des unes peuvent être de belles occasions pour d’autres. Comme mes bottes, celles qui me faisaient si mal que je n’ai jamais pu les porter, elles pourront satisfaire une autre femme. Et vice-versa.

Je sais bien où l’on trouve des boutiques vintage. À Amsterdam, les « Negen Straatjes » comptent plusieurs célèbres adresses, où de grands stylistes internationaux viennent même s’inspirer. Thijs Willekes, coach en beauté et personnalité du petit écran, m’a récemment raconté être passé chez Lady Day (Hartenstraat 9), juste après la visite de John Galliano (le styliste attitré de Dior) : la boutique était quasi vide !

« Le vintage est en vogue, et en même temps, il y tant de jolies choses à trouver qui sont intemporelles et qui peuvent donc se porter longtemps… C’est pour cela que j’opte pour des grands classiques. Prenez ce sac Gucci. Il a presque quarante ans, mais il est toujours splendide. Un bon achat, je m’en réjouis chaque jour, et qui transcende la notion même de mode », affirme Thijs.

Moi non plus, pour rien au monde, je ne me séparerais de mes classiques. Mais je veux bien me défaire des pièces que je ne porterai plus à coup sûr. Comment faire ? Mon amie, Sandra Boeziek, adore les fringues vintage. Elle vend régulièrement sur Internet ses mauvais achats ou les tenues qu’elle a tout simplement assez portées. Elle peut passer des heures sur eBay et sur le tout nouveau site Hippas, le paradis de la mode vintage.

« Moi, je préfère acheter du vieux. C’est même devenu un hobby », confie Sandra. « Non seulement, c’est moins cher, mais en plus, j’arrive à me créer un style très personnel. Et comme je revends mes vêtements, je n’ai pas à me ruiner pour m’offrir une nouvelle garde-robe. Je ne porte certaines pièces que deux ou trois fois ? Je les revends pour me racheter autre chose. Du shopping vintage sur Internet, c’est génial, notamment parce qu’on peut le faire jour et nuit ! »

Un lundi matin sur la célèbre Noordermarkt, ou une petite sortie sur la Waterlooplein ? Rien n’effraie Sandra. C’est là où les accrocs du vintage font les meilleures affaires. « J’ai aussi mes adresses habituelles pour faire mon shopping rétro et puis je vais sur les marchés. Quand je fouine sur la Waterlooplein et que je tombe sur quelque chose qui me va, c’est comme si j’avais gagné au Lotto. Cette joie n’a rien à de comparable avec ce que l’on ressent dans un magasin traditionnel. »

Convaincue par l’enthousiasme de Sandra, je m’efforce de ne pas définitivement bannir de mon existence le parcours des boutiques « normales ». Aussi amusant que cela apparaisse, je compte bien me laisser gagner par le virus vintage, mais conjugué à un comportement de shopping traditionnel. Ma recette idéale ? Un peu de mode actuelle mêlée à un soupçon d’ancien.

La styliste Iris Satijn va encore plus loin. Elle adopte le style des années 20, 30 et 40 de la tête aux pieds et c’est très réussi ! De sa coiffure stylisée à son maquillage d’époque, avec bien sûr les tenues assorties : l’ensemble est plus vrai que nature. On la voit arriver à vélo à des mètres à la ronde. Son look attire immanquablement tous les regards. Mais comment fait-elle ? Et plus important encore : quels efforts faut-il déployer pour dénicher tous ces superbes articles ?

Iris qualifie elle-même son look de « délicieusement démodé ». « Mon style est un heureux mélange entre la « garçonne » des années 20, la « carnivàle » des années 30 et le « chic & classe » des années 40. Le tout rehaussé d’une touche rebelle façon galerie d’art contemporain. Tout sauf la norme, en bref, mais cela me va parfaitement. Un style comme le mien se forge petit à petit, mais moi à douze ans, je savais déjà que je voulais m’habiller ainsi. C’est après avoir vu Audrey Hepburn à la télé dans le film Diamants sur canapé que je me suis dit : « Elle est superbe, c’est ainsi que je veux être. À partir de cet instant, il ne me fallait plus que le style rétro. C’est ainsi qu’est née mon éternelle passion pour la mode.

« J’ai commencé par un mix des années 60 et 50 avant de devenir une véritable « rockabilly ». Et après avoir fait le tour des tailleurs des années 40, je me suis plongée dans les années 30. Une fois que l’on se prend au jeu, on ne peut plus s’en passer. »

Pour vous tailler comme Iris un style authentique issu d’une autre époque, il faudra être inventif. Indispensables, une base de données bien fournie d’adresses vintage et un goût prononcé pour les voyages.

« Mon shopping, je le fais un peu partout et nulle part à la fois. Je passe des heures sur Internet et je chine souvent sur les marchés aux puces, dans les dépôts-ventes locaux, dans les boutiques et les bourses aux vêtements vintage. J’assiste autant que possible aux « festivals vintage ». On en organise en Angleterre, en Italie et en Allemagne. On y passe de la musique « rockabilly » et « swing », et l’on y vend un tas d’articles et accessoires lifestyle. Où que j’aille, je n’ai qu’un objectif : dénicher de chouettes fringues d’époque ! »

 

 

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