La richesse, ça s’apprend
« L’optimisme attire l’argent comme un aimant », dit cette experte en finances personnelles dont les affaires prospèrent malgré la récession.
By DAVID HOCHMAN
Ce n’est pas elle qui se lamenterait sur la crise économique. « La débandade boursière, pour moi, c’est un appel à agir », dit-elle. Qu’elle fustige l’endettement à la télévision ou défende l’épargne dans ses écrits, Jean Chatzky, orfèvre en finances personnelles, est convaincue que la richesse est toujours possible. Dans son dernier ouvrage (The Difference), elle se penche sur « la différence », celle qui fait que quelques-uns s’enrichissent et tous les autres, non. « Le problème n’est pas de savoir comment Warren Buffett a fait, mais pourquoi certaines personnes — la patronne, le voisin — ne manquent jamais d’argent. Quelles leçons peut-on tirer de leur exemple ? »
À partir d’une enquête auprès de 5000 particuliers, Jean Chatzky a établi quatre profils financiers : riche, aisé, serré et surendetté. Qu’est-ce qui différencie les premiers des derniers ? Les riches ont en commun des qualités — optimisme, énergie, cran, curiosité — et des habitudes, comme lire tous les jours et se montrer reconnaissant. « N’importe qui peut acquérir ces atouts. »
Née à Détroit, Jean Chatzky a grandi dans une famille « aisée sans être riche ». Elle vit aujourd’hui en banlieue de New York avec ses deux enfants. Cette enquête lui a ouvert les yeux, dit-elle. « C’est peut-être grâce à elle que, malgré la conjoncture, 2008 a été la meilleure année de ma vie sur le plan financier. »
Vous écrivez que même des personnes très endettées peuvent devenir riches en 10 ans, voire moins. Par où faut-il commencer ?
Par maîtriser ses dépenses. La façon la plus rapide de s’appauvrir, c’est de dépenser plus qu’on ne gagne. Faites l’inverse. Notez toutes vos dépenses, au cent près, pendant un mois, puis revoyez vos comptes et cherchez où rogner. Je suis sidérée par les sommes que les « surendettés » dépensent en distractions qui, à mes yeux, sont superflues.
Qu’est-ce qui distingue les gens qui comprennent « la différence » ?
Ils pensent au lendemain. Même ceux qui adorent leur travail savent que le changement frappe partout, à tout moment, et que rien n’est acquis. Ils se mettent donc en quête d’un futur emploi dès aujourd’hui — et pas seulement sur Internet. Les emplois, ça se trouve toujours grâce à quelqu’un qui connaît quelqu’un qui connaît la bonne personne. Et des emplois, il y en a beaucoup dans le secteur de la santé, de l’énergie. Enfin, les gens qui comprennent la différence épargnent à tout va : ils n’achètent pas une télé à écran plat géant s’ils n’en ont pas les moyens.
Y a-t-il des leçons à tirer de la crise financière actuelle ?
L’affaire Madoff [courtier à Wall Street accusé d’avoir spolié ses clients grâce à un montage pyramidal de grande envergure] est la meilleure preuve que même la personne la plus digne de confiance doit être surveillée si elle gère vos économies. Je n’en reviens pas : des gens ont confié des millions à Bernard Madoff sans même l’avoir rencontré. Première leçon à tirer : ayez des contacts réguliers avec ceux qui gèrent votre argent, demandez-leur des comptes, posez-leur des questions. Deuxième leçon : lisez vos relevés de comptes ! Les auditeurs qui m’appellent au cours de mon émission radiophonique me disent sans cesse : « Je n’ose pas regarder mon relevé. » Mais il le faut ! Vous devez savoir où votre argent est passé. Regardez la réalité financière en face, même si elle est laide à faire peur.
Les pauvres peuvent-ils vraiment espérer devenir aussi optimistes que les millionnaires ?
Certainement. Faites ce petit exercice : pendant trois jours, notez par écrit cinq bonnes surprises de la journée. Vous découvrirez que votre vie est tissée de bonnes choses. Vous en remarquerez de plus en plus, la trame se renforcera et vous deviendrez plus optimiste. Or l’optimisme attire l’argent comme un aimant. Les gens qui ont foi en eux-mêmes et en l’avenir trouvent et gardent plus d’emplois, c’est prouvé. Au lieu de tout dépenser comme si leur dernier jour était venu, ils épargnent parce qu’ils savent qu’il y aura un autre jour.
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