Pepijn Schoemaker Photo: Kees

Jocelyne Duchesne (41) a travaillé pendant treize ans dans le secteur financier. Elle était chargée de l’information financière à destination des banques, pour le compte de l’agence Reuters. Un travail très intéressant, riche en défis comme en contacts, mais qui la satisfaisait chaque jour un peu moins. « Je ne supportais plus tout ce stress, j’avais mal au dos. De plus, avec mes deux enfants, ça devenait de plus en plus difficile à gérer », explique-t-elle. Pour dominer cette tension permanente, Jocelyne se met au yoga. Cette activité lui plaît tellement qu’elle commence à l’enseigner. « En 2008, j’ai franchi le pas », sourit-elle. « J’ai quitté mon job chez Reuters pour créer ma propre entreprise : Yog’Attitude. Aujourd’hui, je donne des cours de gestion du stress en entreprise. »

Une profession tout à fait différente de ce qu’elle faisait auparavant ! Quoique… « J’étais déjà à l’aise quand il fallait donner des formations ou nouer de nouveaux contacts : ces deux aspects me sont bien utiles aujourd’hui ! Sans parler du stress, bien sûr : je sais parfaitement ce que c’est et ce qu’il peut provoquer. »

Changer de carrière en période de crise ? Le pari n’est pas si fou que cela. Les chiffres de l’ONEM révèlent que la Belgique compte actuellement 430.364 chômeurs indemnisés, soit 8,2 % de la population active. Les prévisions ne sont guère optimistes : selon toute probabilité, ce nombre devrait encore augmenter l’année prochaine. Des nouvelles technologies (plus de 20 % de perte de chiffre d’affaires) à la métallurgie (suppression de 6 millions d’emplois à travers le monde), personne n’est épargné. Alors si vous sentez venir l’orage, vous avez le choix. Vous pouvez attendre, résigné, que votre poste soit supprimé. Vous pouvez aussi sauter sur l’occasion et passer à quelque chose de tout à fait différent ! Laissez-vous guider par Miranda Apeldoorn et Marco van Hurne, coaches de carrière, qui commentent pour vous l’exemple de Jocelyne Duchesne et de quatre autres candidats au changement.

D’experte financière à coach en gestion du stress

Miranda Apeldoorn : « Jocelyne a fait un choix intelligent en décidant de donner des cours de gestion du stress en entreprise. D’abord parce qu’elle dispose déjà d’un vaste réseau de contacts professionnels, ce qui lui permet de trouver facilement des clients. Ensuite, parce que les entreprises sont souvent plus en mesure de payer Jocelyne que les particuliers. Pourtant, sur son site web, Jocelyne n’accorde pas d’attention particulière à son plus gros public cible ! Si elle lui consacrait une page, par exemple, elle attirerait encore plus de clients. »

De manager/directeur à galeriste

« J’ai travaillé dans pas mal d’entreprises », explique Jacques Joosten (61). « De Cap Gemini à l’industrie de l’armement, en passant par le prédécesseur d’Essent chez qui j’étais Director Value Added Services. J’avais également mon propre bureau de conseil. Je travaillais 100 heures par semaine. En 2007, j’ai dit stop. Je collectionnais la porcelaine chinoise et les antiquités javanaises depuis plus de trente ans et j’avais envie d’ouvrir ma propre galerie d’art. Aujourd’hui, je dirige la galerie François de St. Jacques. »

Bien que le commerce de l’art ne soit pas particulièrement porteur, Jacques est satisfait de sa décision : « Je ne cesse d’étendre mes activités. J’invite par exemple des spécialistes à donner des conférences sur l’architecture et l’art tribal. Je propose à des entreprises d’organiser, pour leur personnel, des événements qui peuvent aller d’une conférence à une journée entière consacrée à l’art. Mon expérience en vente et en marketing m’est bien utile : je n’ai pas peur de m’entretenir avec des managers et des chefs d’entreprise. »

Miranda Apeldoorn : « Jacques semble très enthousiaste à propos des conférences et des journées artistiques qu’il organise. Pourtant, cette activité est totalement absente de son site web ! Je lui recommande d’y consacrer un espace bien visible sur son site, ainsi qu’un agenda et un formulaire d’inscription. »

De nombreux individus se sentent anxieux à l’idée de créer leur propre entreprise après avoir été salarié. Cette peur est compréhensible, mais pas toujours fondée : si la crise n’épargne pas les entreprises unipersonnelles, les petits indépendants bénéficient en effet de divers avantages. Bien souvent, ils ont une meilleure vue d’ensemble sur les exigences que posent les clients. Ils peuvent aussi y répondre avec plus de flexibilité et de rapidité. Un atout non négligeable en période de crise !

De professionnel du marketing à enseignant

Pendant longtemps, Pepijn Schoemaker (32) a géré le marketing et les relations publiques de diverses marques de motos. Jusqu’à ce qu’il ait envie de changer et pose sa candidature à un poste de Product Manager chez un constructeur automobile. Là, il passe des tests psychologiques, qui donnent un autre élan à sa carrière. « Ces tests ont révélé que j’étais très directif et orienté résultats, ce qui ne convenait pas vraiment au poste que je convoitais. Par contre, cela faisait de moi un enseignant né », sourit-il. « À l’époque, je donnais déjà des cours en qualité de professeur invité à HES Amsterdam et cela me plaisait bien. J’ai décidé de me consacrer pleinement à cette activité. »

 

 

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