Photo: globalgreenchallenge.com.au

Le ruban d’asphalte s’étire jusqu’à l’horizon, brûlé par le soleil des antipodes. Dès que Jan Willem Van Gent rabat le drôle de heaume géant qui coiffe le cockpit de sa monoplace, la température intérieure monte en flèche. Pour le pilote néerlandais de la Nuna5, la meilleure voiture solaire européenne, il ne peut y avoir qu’une direction, la ligne d’arrivée, et qu’un but : inscrire la cinquième victoire d’affilée de son équipe au World Solar Challenge, le Défi solaire mondial.

Le moteur monte en régime. Jan Willem agrippe le volant. Le bolide s’élance, mais son pilote doit attendre la fin du compte à rebours égrené dans ses écouteurs. Dix, neuf, huit… Enfin ! Sa voiture fonce à 90 km/h dans le paysage désolé. Il talonne parfois de si près son rival américain qu’il est déporté par l’air que déplace la camionnette d’assistance. « Freine, freine ! », lui hurlent alors ses instructeurs par radio. Dès qu’une chance de doubler se présente, l’ordre fuse : « Fonce ! » Jan Willem jette un œil vers le ciel sans nuages. Parfait : les panneaux solaires captent au maximum. L’aiguille du compteur frôle les 100 km/h tandis qu’il dépasse les Américains par la droite. Ne voyant plus personne devant lui, il ralentit pour économiser de l’énergie et esquisse un sourire. Pas pour longtemps : les Japonais sont toujours en tête…

Le WSC est la course de voitures solaires la plus célèbre du monde. Neuf « écuries » européennes, dont deux françaises (HEI Lille et le Centre universitaire des sciences et techniques de Clermont-Ferrand), y affrontent des adversaires venus de toute la planète : Canadiens, Américains, Japonais, Australiens… Les concurrents, des étudiants d’établissements techniques supérieurs, ont fignolé leur concept pendant des mois. L’objectif officiel de la course ? Promouvoir le développement de la voiture solaire. Mais, pendant les cinq jours de cette chevauchée fantastique à travers le désert australien, les participants n’ont plus qu’une idée en tête : réaliser le meilleur chrono.

Suspense, spectacle, voilà tout ce que demandent les organisateurs du WSC. Une bonne publicité pour les voitures solaires, qui doivent ici combiner trois facteurs complexes : technologie énergétique, design automobile et pilotage stratégique.

Tout a commencé en 1982, quand l’aventurier danois Hans Tholstrup a traversé l’Australie à bord d’un véhicule solaire construit de ses mains. Cinq ans plus tard, son exploit donnait naissance au premier WSC. Le principe : fabriquer une voiture propulsée exclusivement par l’énergie solaire et lui faire parcourir le plus rapidement possible le trajet Darwin-Adélaïde (quelque 3 000 km).

Depuis, l’épreuve, qui a lieu tous les deux ans, est devenue un banc d’essai pour tous les domaines de la construction automobile — de l’aérodynamique à la résistance au frottement des roues en passant par l’utilisation optimale de l’énergie.

Le WSC joue un rôle clé dans le développement de ces secteurs, explique Mike Drewer, son porte-parole en Australie. Grâce aux perfectionnements apportés par les diverses équipes aux cellules photovoltaïques, batteries et autres moteurs électriques, les voitures sont devenues de plus en plus performantes. Leur vitesse augmente en conséquence : il y a dix ans, elles atteignaient péniblement 100 km/h ; aujourd’hui, elles frisent les 150 km/h. Jamais pendant la course, toutefois, sécurité oblige.

 

 

Les plus conseillés dans Connaissance

  1. Beauté assassine
  2. Les 10 matières premières qui font tourner le monde
  3. Esclavage c'est arrivé près de chez vous

Plus Articles

Votre réaction !

Nom*
Adresse e-mail*
Commentaire*

Lettre à l'éditeur

Vous connaissez une bonne histoire!

Vous avez une réaction concernant un de nos articles ou vous avez une bonne histoire? Ecrivez-nous. Si votre suggestion est retenue dans les rubriques 'Blague à part' et 'Petits mots', nous vous offrirons
100 €.

Votez pour vos blagues préférées!